Médecin-aliéniste

Il doit mettre en ?uvre un système de consolations, d’exhortations, d’avis salutaires, capables d’exciter le courage du malade, de lui inspirer la confiance et le désir de résister à l’aberration capricieuse qui le domine. Cet homme de bonne volonté devait pouvoir guérir les fous avec des paroles encourageantes et de sages conseils.

L’intervention du médecin ne se fait pas en vertu d’un savoir ou d’un pouvoir médical qu’il détiendrait en propre, et qui seraient justifiés par un corps de connaissances objectives. Ce n’est pas comme savant que le médecin prend autorité dans l’asile, mais comme un sage. Au départ, si la profession médicale est requise pour ce personnage, c’est comme garantie juridique et morale, et non pas au titre de science (p.35r94). L’aliéniste guérit quand il met en jeu les figures immémoriales de l’Ordre, de l’Autorité et du Châtiment, quand il incarne le rôle du Père et du Juge, de la Famille et de la Loi.

Dans le modèle de l ?asile des XIX et XXe siècles, il s’agit de rééduquer les fous, non de les soigner. L’objet principal du traitement moral est de mettre le malade sous l’influence d’un homme, qui, par ses capacités morales, soit apte à orienter le tour de ses pensées et de son comportement. Cet homme est incarné par la figure du médecin-aliéniste.